Les jeunes accueillis sont tous atteints de troubles de la motricité auxquels peuvent s’ajouter d’autres troubles sensoriels, cognitifs ou autres.

Les troubles de la motricité peuvent être soit congénitaux, c’est à dire survenus lors de la naissance, soit acquis, c’est à dire identifiés plus tardivement après une maladie ou un accident.

Ces troubles peuvent être liés à une atteinte du système nerveux central (cerveau, cervelet) ou peuvent être liés à une atteinte périphérique : maladie neuromusculaire ou atteinte ostéo-articulaire, par exemple. Certains troubles sont d’origine génétique et peuvent être transmis dans une même famille, d’autres sont indépendant de toute cause génétique, donc de survenue fortuite.

Principales pathologies rencontrées

I – L’Infirmité Motrice Cérébrale (I.M.C.)

Le groupe des jeunes atteints d’I.M.C. est actuellement le plus nombreux : environ 60 % au Centre d’Education Motrice, environ 80 % au S.E.S.S.A.D., environ 40 % à La Richardière.

L'Infirmité Motrice Cérébrale résulte d'une lésion encéphalique qui survient autour de la naissance, pendant la grossesse ou au cours de la première année de vie. Cette lésion nerveuse, non évolutive, est définitive mais ses conséquences sont améliorables par l'éducation thérapeutique et la rééducation.

Les tableaux cliniques classiques sont représentés par :
- la diplégie spastique, ou syndrome de LITTLE
- l'atteinte globale, tétraplégique ou tétraparétique, avec hypotonie du tronc et hypertonie des membres
- l'hémiplégie
- la dystonie-dyskinésie, avec mouvements anormaux (athétose, par exemple)
- les formes ataxiques avec incoordination motrice par lésion du cervelet ou des voies de sensibilité profonde

Aux troubles de la motricité s'ajoutent le plus souvent d'autres troubles :
- orthopédiques avec rétractions musculaires, déformations articulaires (hanches, genoux, pieds, colonne vertébrale)
- sensoriels : troubles de la vision ou de l'audition
- de la communication : parole, langage
- des fonctions cognitives (attention, mémoire, intelligence, etc.)
- épileptiques

Tous ces troubles nécessitent une prise en charge multiple et coordonnée, faisant intervenir des personnels soignants et rééducateurs, des éducateurs, des enseignants, des travailleurs sociaux, etc.


II – Les maladies neuromusculaires (environ 50 % à La Richardière)

Ces maladies sont le plus souvent d'origine génétique, graves, invalidantes, s'aggravant progressivement.

Les principales formes sont :

- la dystrophie musculaire progressive de DUCHENNE, affection touchant les garçons et habituellement transmise par la mère, dont les premiers signes cliniques apparaissent entre 2 et 5 ans. Cette maladie entraîne une perte progressive de force de tous les muscles de l'organisme. Cela entraîne une perte de la marche avant l'adolescence et la nécessité d'utiliser un fauteuil roulant électrique. Une attention toute particulière est portée par les rééducateurs sur les fonctions cardiaque et respiratoire, ainsi que sur l'état de la colonne vertébrale (scoliose) qui peut nécessiter une intervention chirurgicale orthopédique à l'adolescence.
- l'amyotrophie spinale infantile progressive, atteinte touchant les deux sexes avec une hérédité récessive. Cette maladie a une gravité et une évolution variables, mais peut ressembler beaucoup à une dystrophie musculaire progressive.
- d'autres types de dystrophies musculaires, notamment des sarcoglycanopathies dont la transmission est récessive, favorisée par la consanguinité; elles peuvent atteindre les deux sexes. Leur évolution est variable selon les formes.


III – Les séquelles de Spina Bifida ou Myéloméningocèle

Ces troubles sont dus à une malformation congénitale de la colonne vertébrale et du système nerveux. Ils se traduisent par une paralysie plus ou moins complète des membres inférieurs, associée à :
- une perte de sensibilité dans le territoire concerné (risque d'escarres, de brûlures, etc.)
- une incontinence urinaire et anale
- souvent une hydrocéphalie, nécessitant la mise en place d'une dérivation du liquide céphalorachidien dans la petite enfance ("valve")


IV – Les lésions cérébrales acquises

Il peut s'agir de séquelles de traumatismes crâniens survenus lors d'accidents de la voie publique, par exemple.

Il peut s'agir aussi de séquelles de tumeurs cérébrales ayant nécessité une intervention neurochirurgicale et/ou des traitements complémentaires (radiothérapie, chimiothérapie).

Il peut s'agir enfin de séquelles d'accidents vasculaires cérébraux (hémorragies par rupture d'anévrysmes, angiomes, etc.)

Toutes ces lésions cérébrales peuvent avoir des conséquences sur la motricité (hémiplégies, paraplégies, troubles de l'équilibre ou de la coordination motrice, etc.). Mais elles ont, en outre le plus souvent, des conséquences sur d'autres fonctions : vision, audition, langage, mémoire, attention, orientation, rapidité, organisation, etc.


V – Autres troubles

D'autres troubles de la motricité peuvent être pris en charge, et notamment des séquelles de malformations congénitales des membres, des séquelles d'autres maladies neurologiques.

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